Recherche action sur la participation des jeunes roms et gens du voyage

Durant deux années, le Léris a été investi sur un projet de recherche action européen, financé par la commission européenne, avec neufs autres pays : la Bulgarie, la Roumanie, l’Italie, l’Espagne, l’Angleterre, l’Estonie, Chypre, l’Irlande et la France. Ce projet, intitulé PEER a fait l’objet d’un véritable travail partenarial dont les résultats sont présents sur le site : http://www.peeryouth.eu/

Le projet a cherché à construire les conditions pour que des jeunes Roms et gens du voyage, âgés de 11 à 18 ans, puissent construire une citoyenneté active qui leur permette d’apporter des changements positifs au niveau local, régional ou national sur leur situation. Ce travail s’est traduit par le partage de bonnes pratiques de participation des jeunes, et le renforcement de leurs capacités par des formations adaptées. Les jeunes ont participé à toutes les étapes de cette recherche action : de l’élaboration du matériel de formation à l’évaluation globale du dispositif.

Gaëlla Loiseau, Ethnologue, Chargée d’études, Mélanie Crépin, chargée de missions et Virginie Poujol, Ethnosociologue, directrice du Leris ont été investie directement sur ce projet. L’association OAQADI est intervenu pour faire émerger la mobilisation des jeunes grâce à l’outil radiophonique. Une émission radio a été construite sur le thème « agir » :

Ce projet a démarré le 2 février 2015 par une rencontre des équipes européennes. Ce séminaire de deux jours a eu lieu à Cluj (Roumanie). Il a eu pour objectif d’échanger sur nos connaissances des pratiques de participation de jeunes et de construire le contenu du manuel de formation.

De mars 2015 à novembre 2015, le Leris a travaillé à la mobilisation et à la formation de partenaires désireux de s’impliquer sur le projet PEER. Il s’agit de personnes issues ou non de la communauté Rom, rattachées ou non à des associations, qui œuvrent déjà dans le champ de la jeunesse et sont intéressées de développer des actions émancipatrices avec les jeunes Roms. La formation a eu lieu en juin et a réunit 16 participants de structures variées.

 

Ainsi, 3 localités vont connaître le développement de la démarche basée sur l’identification de besoins par les participants eux mêmes et l’élaboration progressive et collective d’actions : Marseillan, Bordeaux et Montpellier.

De Février à décembre 2016, 3 groupes de jeunes ont été constitués pour réfléchir et agir collectivement sur l’amélioration des conditions de vie des jeunes en partant de leurs préoccupations, de leurs analyses et enquêtes de terrain afin de définir ensemble des pistes de solutions, testées par les jeunes eux-mêmes. Au delà de l’accompagnement des groupes mis en place pour soutenir la démarche, notre rôle a consisté ensuite à observer et analyser les freins et leviers pour une participation effective.

Les jeunes ont travaillé sur l’accessibilité de leur aire d’accueil avec la mise en place d’une piste cyclable, la résolution des problèmes à l’école autrement que par la violence, la stigmatisation dans l’accès aux sports, ils ont construit des solutions pour transformer les situations qui ne leur convenaient pas! Ce projet s’inscrit dans une démarche de développement de l’émancipation et de la puissance d’agir des jeunes.

La manuel de formation permettant de reproduire cette démarche est consultable ci dessous :

 

De la puissance sociale à l’émancipation

Ce projet d’ouvrage a fait l’objet d’une démarche particulière. La question de l’émancipation a « surgit » de nos travaux auprès des collectivités territoriales ou des associations avec lesquelles nous travaillons. L’émancipation est apparue comme une finalité pour beaucoup. Cependant, nous avons ressenti la nécessité d’approfondir cette notion pour clarifier les paradigmes sous-jacents chez les acteurs concernés.

Pour ce faire, notre collectif s’est réuni de manière régulière pour travailler cette notion, à partir de nos propres travaux ou par des échanges avec des auteurs la questionnant. Ainsi, nous avons invité à nos séminaires des personnes qui ne sont pas membres du Leris comme : François Galichet, Philosophe, Philippe d’Iribarne, politologue, Pierre Zarka, politologue, Christian Maurel, sociologue.

L’ensemble de ces travaux nous conduits aujourd’hui à présenter un ouvrage cohérent clarifiant les finalités des projets politiques des collectivités ou des associations qui s’en saisirait, leur permettant de gagner en pertinence et en efficacité. Sa parution est imminente !

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L’habitat adapté des gens du voyage

De janvier 2016 à janvier 2017, le Léris a réalisé une étude nationale sur l’habitat adapté des gens du voyage, étude commandée par la délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement – Dihal.

Dans un contexte marqué par des avancées lentes et inégales sur les territoires, l’étude relative à l’habitat adapté des gens du voyage devait permettre « de disposer au niveau national de connaissances sur la diversité des situations et des besoins des gens du voyage en s’appuyant sur la pluralité des réponses existantes et sur
l’appréciation locale des besoins pour proposer les évolutions nécessaires tant en termes d’outils opérationnels que réglementaires.
Elle avait ainsi pour objectifs :
• l’analyse et la synthèse des situations et des besoins en matière d’habitat sur la
base d’investigations auprès de trois régions,
• la définition des conditions nécessaires à une évolution des réponses proposées,
• une visée opérationnelle par la production de recommandations.
Il s’agissait de :
• dresser un état des lieux, dispositifs et outils existants sur les territoires des régions
étudiées (Alsace, Aquitaine, Languedoc-Roussillon),
• établir le constat partagé des bonnes pratiques, de leurs convergences mais
aussi des difficultés rencontrées, des freins qui perdurent, etc,
• apprécier les besoins des gens du voyage en matière d’accès au logement au
regard des solutions existantes et l’adéquation entre les deux,
• proposer les adaptations possibles des solutions existantes et de nouvelles solutions ,
• définir les conditions nécessaires à la réalisation de ces dernières ».

Cette étude a mobilisé plus de 130 personnes intervenant sur cette thématique dans différents services ou associations dans les trois régions choisies.

Pour mener ce travail le Léris a développé différents outils d’analyse, notamment un outil d’évaluation des territoires sur ces questions sur 5 thématiques : gouvernance et politique d’habitat, technicité, travail des marges, présence et implication d’acteurs associatifs, historique et rapport au lieu et contexte territorial en lien avec l’habitat.

Cette étude a donné  lieu a un rapport consultable sur le site de la DIHAL : http://www.gouvernement.fr/publications-documents-de-la-dihal